La prime de risque extrêmement haute au troisième trimestre 2016

La prime de risque du marché action extrêmement haute, au-dessus des 8%, au troisième trimestre 2016

Depuis février 2016 la prime de risque du marché des actions françaises calculée sur l’indice phare de la bourse de Paris, le CAC40, reste bloquée au-dessus des 8%. Un niveau extrêmement élevé puisque le niveau moyen constaté sur 20 ans tourne autour des 6%. En août la prime de risque s’élève à plus de 8,3%.

Une prime de risque élevée

Avec une prime de risque aussi éloignée de son niveau habituel, les investisseurs pourraient espérer à terme une hausse des actions qui la ramènerait vers sa norme, les 6%. Malgré tout, d’autres facteurs peuvent faire baisser la prime de risque comme une amélioration des prévisions de rendement ou la hausse du taux sans risque.

La prime de risque est avant tout la mesure de la différence entre le rendement de deux actifs ou types d’actifs. Ici, la prime du marché action est le rendement supplémentaire exigé par rapport au taux sans risque des obligations d’états, en France l’OAT TEC 10. Celui-ci s’établit tout près des 0,10% au mois d’août, alors que sa moyenne historique est proche des 4%.

Face aux politiques accommodantes des banques centrales, les taux des obligations d’états sont en baisse depuis 2009 et ont atteint récemment leurs plus bas. Le risque sur les marchés actions n’est pas pour autant moins important. La prime de risque augmente donc pour compenser la baisse du taux sans risque.

Un taux risqué faible

Avec une prime de risque qui s’élève à plus de 8,3% et un taux sans risque proche des 0,1%, le taux de rendement exigé par les investisseurs flirte donc cet été avec les 8,4%. A long terme le taux de rendement exigé sur le marché des actions françaises tourne autour de 10%. Comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, la dernière fois que ce taux est descendu aussi bas remonte à avant l’éclatement de la bulle Internet.

prime de risque et taux sans risque

La prime de risque parait donc élevée alors que finalement les investisseurs acceptent une rémunération moins importante qu’historiquement malgré des risques importants pesant sur l’Économie mondiale. La prime de risque et le taux de rendement exigé sont fortement impactés par les politiques monétaires des banques centrales et les marchés sont nerveux à chacune de leurs réunions.

Cette situation fait peser un risque sur les comptes des sociétés soumises aux impairment tests. Un éclatement de la bulle monétaire pourrait faire exploser les taux d’actualisation utilisés pour la méthode d’évaluation dite de l’actualisation des flux de trésorerie, entrainant ainsi une nouvelle période de dépréciations comme en 2011-2012 après le pic de la crise des dettes souveraines européennes.

Le suivi régulier de la prime de risque par les directions financières des sociétés soumises aux ifrs et leurs conseils est donc plus que jamais essentiel.

Article publié sur Les Echos le 12 août 2016 : http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-159627-la-prime-de-risque-du-marche-action-culmine-a-un-tot-tres-eleve-2020930.php